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Là où il y a une volonté, il y a chemin

La majorité, par son ambition insensée de résorber le chômage des jeunes, a précipité dans l’abîme les contrats d’apprentissage

Rédigé par Jean-Marie DUSSEIGNEUR - 12 juin 2014 -

JAMAIS depuis 20 ans le nombre de signatures de contrats d’apprentissage n’avait connu en 2013 une chute aussi vertigineuse (- 8,14%) passant de 297 295 contrats signées en 2012 à 273 091 en 2013, soit - 24 204 contrats.

La chute inexorable de - 13,7% de signatures de contrats sur les quatre premiers mois de l’année 2014 pourrait nous conduire sous le seuil des 250 000 contrats signés en 2014 entrainant des fermetures de formations et mettant en difficultés financières certains CFA.

Même au plus fort de la crise en 2009 la chute n’avait été que de -3,4%, grâce à une politique de soutien à l’apprentissage.

Le gouvernement commet–il une erreur de soutenir l’idée que ce ne sont pas les emplois d’avenir qui sont responsables de la chute inexorable des signatures de contrats d’apprentissage, mais la crise économique ?

Les emplois d’avenir sont réservés comme pour les contrats d’apprentissage aux jeunes âgés de 16 à 25 ans sur une durée de 36 mois

« Les emplois d’avenir sont développés dans des activités présentant un caractère d’utilité sociale ou environnementale ou ayant un fort potentiel de création d’emplois et susceptibles d’offrir des perspectives de recrutements durables ».

Néanmoins par exception, sont également éligibles par arrêté du préfet de région :

  • Les employeurs privés
  • Les entreprises contrôlées majoritairement par l’Etat
  • Les établissements publics à caractère industriel et commercial des collectivités territoriales
  • Les sociétés d’économie mixtes
  • Les chambres des métiers, les chambres de commerce et d’industrie, les chambres d’agriculture.

Si l’offre en emplois d’avenir existe bien, la demande n’a pas rencontré le succès escompté. Quand bien même ces emplois sont-ils subventionnés à 75% par l’Etat, de nombreuses associations ne peuvent pas financer les 25% de rémunération restant à leur charge.

C’est alors que de nombreuses entreprises, notamment du CAC 40, ont été sollicitées par l’Etat pour recruter des emplois d’avenir et subventionner les associations des 25% qui auraient dû être à leur charge.

C’est donc, bien plus que les 500 millions d’euros qui ont été enlevés par l’Etat du budget de l’apprentissage puisque « le privé » contribue à des embauches et en partie au financement de ces 25%.

La création des emplois d’avenir impactent donc directement les formations en apprentissage. On assiste bel et bien à une asphyxie progressive des financements de l’apprentissage qui conduit à une désaffection des entreprises pour les contrats d’apprentissage au profit des emplois d’avenir.

Cette politique de développement des emplois d’avenir est par ailleurs INCOHÉRENTE ET PARADOXALE avec la réforme du bac professionnel qui contribue à une croissance continue du nombre de bacheliers qui poursuivent souvent leurs études en apprentissage.

Les résultats au bac en 2013 (source DEPP - mars 2014)
589 240 reçus dont 305 316 en série générale
124 683 en série technologique et 159 241 en série professionnelle.

L’intérêt supérieur qui est celui du pays tout entier, n'est-il pas d'opérer un changement diamétral et immédiat de politique, en redistribuant les cartes pour réoxygéner l’apprentissage et le réformer en profondeur pour l’adapter aux réalités économiques du XXIème siècle.

C'est ainsi que la courbe de l'offre de contrats d'apprentissage s'inversera pour croître à nouveau.

Manuel Valls, le réformateur 
entendra-t-il notre voix et favorisera-t-il nos actions en faveur du développement de l'apprentissage en FORMATION INITIALE dans son combat pour résorber le chômage des jeunes qui est aussi le nôtre depuis de nombreuses années ?

Là où il y a une volonté, il y a un chemin.



#1 mardi 08 juillet 2014 @ 07:28 ATTOU Yves a dit :

UN MILLION DE JEUNES EN ALTERNANCE D’ICI 2020 : C’EST POSSIBLE !

Paris – 7/7/2014 - L’insertion professionnelle des jeunes est l’un des thèmes majeurs de la Conférence sociale. C’est précisément la proposition principale du rapport du Collectif des présidents « Réussir les transitions (*) » ( remis au Cabinet du Président de la République le 13 février 2014 ).
Selon Yves ATTOU, Président de ce Collectif, l’insertion professionnelle des jeunes est un échec. Les gouvernements successifs, depuis 1977, ont tenté de régler ce problème au moyen de politiques conjoncturelles, prises dans l’urgence. De tous ces dispositifs éphémères, il reste une structure stable et implantée sur tout le territoire : le réseau des missions locales pour l’insertion professionnelle et sociale des jeunes, créé après le rapport de Bertrand Schwartz au Premier ministre sur l'insertion professionnelle et sociale des jeunes.
Dès avril 1977, le premier Ministre Raymond Barre annonçait l'adoption d'un "pacte national pour l'emploi des jeunes" afin d'enrayer la progression du chômage, notamment au sein d'une des catégories les plus touchées, les 18-25 ans. En 37 ans, de nombreuses formules ont été expérimentées : les travaux d'utilité collective (TUC) en 1984, Plan d'urgence pour l'emploi des jeunes en 1986, les contrats emploi solidarité (CES) en 1990, les emplois-jeunes en 1997, les contrats-jeunes en entreprise en 2002, le CPE, puis les "Emplois d'avenirs" et les Contrats de génération en 2012. Le chômage des jeunes en France dépasse, aujourd’hui, 25% alors qu’en Allemagne, il n’est que de 8%. C’est la raison pour laquelle le rapport « Réussir les transitions (*) » en fait une priorité.
Il est admis que la solution se trouve dans l’alternance, dont l’efficacité est reconnue unanimement. Le gouvernement s’est fixé un objectif, dit ambitieux, de 500 000 apprentis par an d’ici à 2017. C’est nettement insuffisant car le problème du chômage des jeunes serait en partie résolu si plus d’un million d’entre eux s’engageaient dans la voie de l’alternance. Seule une forte volonté politique peut réaliser ce saut quantitatif.
Le rapport propose d’instituer un système progressif d’insertion des jeunes alternants dans tous les milieux professionnels comme l’exige actuellement le Code général des impôts (article 230H). Les entreprises de plus de 250 salariés assujetties à la taxe d'apprentissage doivent, actuellement, compter 4% de salariés en alternance au sein de l'effectif annuel moyen, contre 3% précédemment. Ce quota se compose des contrats d'apprentissage, des contrats de professionnalisation, des volontaires internationaux en entreprise (VIE), des conventions industrielles de formation par la recherche. Il sera porté à 5% en 2015. Il est proposé de l’augmenter de 1% par an jusqu’à ce que le niveau du chômage des jeunes soit à la même hauteur que le chômage général.
Pour être efficace, ce dispositif devrait être étendu à toutes les entreprises, au secteur public, aux collectivités territoriales, aux établissements publics et à l’économie sociale. Soit, environ 3.4 millions d’entreprises, environ 40000 collectivités territoriales, les services centraux et déconcentrés des ministères, les établissements publics, les établissements d’enseignement, les professions libérales, les associations et entreprises de l’économie sociale. Par ailleurs, tous les dispositifs alternants de jeunes seraient concernés : contrats d’apprentissage, contrats de professionnalisation, emplois d’avenir, contrats de génération, contrat d’insertion dans la vie sociale, volontariat international en entreprise, conventions industrielles, service civique, etc. Il est possible, ainsi, de réduire significativement et durablement le chômage des jeunes.

(*) Le rapport « Réussir les transitions » est téléchargeable sur :
http://cma-lifelonglearning.org/doc/RCP_YA.docx

#2 mardi 28 octobre 2014 @ 09:47 Quel avenir a dit :

Ma fille qui a cherché depuis plusieurs mois un contrat d’apprentissage pour apprendre le métier de pâtissier est partie ce matin s’inscrire à Pôle Emploi, avec un RV à la Mission Locale.
C'est bien dommage et bien triste de désespérer des jeunes gens MOTIVES, car elle n'est pas la seule à se retrouver ainsi sur le bord de la route.
Je suis dégoutée de voir comment un gouvernement a réussi en deux années à amoindrir un système de formation validé, qui a fait ses preuves.

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